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Goma : des scandales sexuels secouent le M23 sur fond de soupçons de recomposition interne
JJicholaKivu11 avril 20262 min de lecture2 vues
À Goma, au Nord-Kivu, une série de scandales à caractère sexuel impliquant des cadres de la rébellion du M23 suscite interrogations et analyses sur d’éventuelles luttes d’influence internes. Le 7 a
À Goma, au Nord-Kivu, une série de scandales à caractère sexuel impliquant des cadres de la rébellion du M23 suscite interrogations et analyses sur d’éventuelles luttes d’influence internes.
Le 7 avril 2026, Yannick Tshisola, directeur de cabinet de Corneille Nangaa, a été suspendu pour des faits de violences sexuelles présumées sur sa domestique. Quelques jours plus tard, une autre affaire a émergé : une vidéo d’une durée de 5 minutes 40 secondes montre Jean-Luc Mashagiro, percepteur des taxes dans le carré minier de Rubaya, en compagnie d’une femme clairement identifiée, en plein acte sexuel.
Ces deux cas, impliquant des responsables occupant des fonctions stratégiques au sein de la rébellion, interviennent dans un contexte déjà marqué par des tensions autour du contrôle des zones minières et des circuits économiques dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Si les faits liés aux vidéos et aux sanctions internes sont avérés, leur interprétation fait débat. Plusieurs analystes et observateurs de la région estiment que la répétition de ces scandales pourrait traduire une dynamique de fragilisation ciblée de certains cadres congolais au sein du mouvement rebelle.
Selon ces analyses, ces affaires contribueraient à discréditer publiquement certains responsables, ouvrant ainsi la voie à leur remplacement à des postes clés. Dans ce contexte, certains pointent le rôle présumé du Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa et plusieurs rapports internationaux d’exercer une influence sur le M23.
Ces observateurs avancent l’hypothèse d’une stratégie visant à favoriser l’émergence de profils jugés plus alignés sur des intérêts extérieurs, notamment dans la gestion des ressources minières et des circuits financiers de la rébellion. Toutefois, aucune preuve formelle ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct entre ces scandales sexuels et une opération coordonnée de recomposition orchestrée de l’extérieur.
Dans l’attente d’éléments supplémentaires, ces événements mettent en lumière les fragilités internes du mouvement et les rivalités autour du contrôle économique dans une région au cœur d’enjeux géopolitiques majeurs.
Grâce Bilolo
J
À propos de l'auteur
JicholaKivu
Journaliste à Jicho la Kivu
