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Kigali accusé de manipuler l’opinion internationale à travers des manifestations ciblées

JJicholaKivu21 avril 20262 min de lecture2 vues
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Une déclaration publiée le 20 avril 2026 par Oscar-Émile Mabobuzi, représentant d’une organisation banyamulenge basée à Sainte-Hélène-Edmonton, accuse le Rwanda de piloter une campagne d’influence int

Une déclaration publiée le 20 avril 2026 par Oscar-Émile Mabobuzi, représentant d’une organisation banyamulenge basée à Sainte-Hélène-Edmonton, accuse le Rwanda de piloter une campagne d’influence internationale à travers des manifestations organisées dans plusieurs capitales occidentales et africaines. À Stockholm, Nairobi, Washington et Ottawa, des rassemblements récents ont mis en avant des accusations de « génocide » visant les autorités congolaises et burundaises. Pour les auteurs de la déclaration, ces mobilisations ne relèvent pas d’initiatives spontanées, mais s’inscrivent dans une stratégie structurée visant à orienter l’opinion internationale. Le document met directement en cause le régime du président Paul Kagame, qu’il accuse de maintenir un double discours : d’un côté, un refus assumé de se conformer aux injonctions internationales appelant au retrait des forces rwandaises de l’est de la République démocratique du Congo, et de l’autre, une offensive communicationnelle destinée à justifier cette présence. Cette posture, selon les signataires, s’est notamment illustrée dans des déclarations publiques récentes où Kigali réaffirme son soutien aux groupes armés actifs dans la région, en particulier la coalition AFC/M23. Sur le terrain, cette dynamique se traduirait par une intensification des opérations dans les hauts plateaux d’Uvira, une zone stratégique du Sud-Kivu. La déclaration décrit un schéma récurrent : intervention militaire indirecte, appui à des groupes rebelles, puis construction d’un narratif international axé sur la protection de certaines communautés. Dans ce cadre, les Banyamulenge seraient placés au centre d’une instrumentalisation politique et médiatique. Les auteurs rappellent que, depuis la fin des années 1990, plusieurs cycles de violences dans l’est de la RDC ont impliqué des mouvements soutenus par Kigali, notamment le RCD, le CNDP et le M23. Ces conflits ont touché indistinctement de nombreuses communautés, y compris les Banyamulenge, souvent pris entre des logiques militaires qui les dépassent. Ils contestent ainsi l’image d’un Rwanda protecteur de cette communauté, affirmant que celle-ci a, à plusieurs reprises, subi les conséquences directes ou indirectes de stratégies régionales de domination et de contrôle territorial. Déplacements forcés, pertes humaines et destructions de moyens de subsistance sont évoqués comme autant d’éléments illustrant cette réalité. Dans cette lecture, les manifestations organisées à l’étranger apparaissent comme un prolongement de ces dynamiques : en mettant en avant des récits de persécution, elles viseraient à légitimer une présence militaire contestée et à détourner l’attention des enjeux géopolitiques sous-jacents, notamment le contrôle de zones stratégiques et de ressources. La déclaration appelle enfin la communauté internationale à renforcer sa vigilance face à ce qu’elle considère comme une entreprise de manipulation de l’opinion, et à privilégier des enquêtes indépendantes pour établir les responsabilités dans les violences qui continuent de secouer l’est de la RDC. Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes, cette prise de position illustre la bataille narrative qui accompagne le conflit, où chaque acteur cherche à imposer sa lecture des faits sur la scène internationale. Jean-claude Kihama  
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À propos de l'auteur

JicholaKivu

Journaliste à Jicho la Kivu

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