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Explosion des taxes: loin de “libérer”, l’AFC/M23 enfonce la population dans la détresse à Goma et Bukavu
JJicholaKivu30 mars 20262 min de lecture0 vues
Depuis l’occupation de plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo par la rébellion AFC/M23, un discours officiel tente de présenter cette présence comme une action de “libération”
Depuis l’occupation de plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo par la rébellion AFC/M23, un discours officiel tente de présenter cette présence comme une action de “libération” ou de “stabilisation”. Mais sur le terrain, la réalité vécue par les populations civiles est tout autre : elle est marquée par la souffrance, la précarité et une pression économique sans précédent.
D’après la nomenclature des impôts et taxes imposés dans ces zones , un système fiscal parallèle s’est installé, multipliant les prélèvements sur presque toutes les activités : commerce, transport, marchés, petits métiers. Loin d’alléger les conditions de vie, ces taxes étouffent littéralement la population.
Ce décalage entre le discours et la réalité est révélateur. Une force qui prétend “sauver” la population ne peut, dans le même temps, imposer une telle pression financière à des citoyens déjà vulnérables. Dans les zones occupées, chaque déplacement de marchandise devient un coût supplémentaire, chaque activité économique est surtaxée, réduisant les marges des commerçants jusqu’à les pousser à abandonner. A part les marchandises, même les mouvements de la population sont taxés par la rébellion.
Les effets sont visibles partout : une explosion du chômage, conséquence directe de la fermeture de nombreuses ONG nationales et internationales, incapables d’opérer dans ces zones; des commerces en faillite après des pillages et une taxation excessive ; une paralysie progressive des échanges transfrontaliers qui faisaient vivre des milliers de familles.
Face à ce chaos organisé, un constat amer s’observe dans toute les zones occupés par la rébellion, des opérateurs économiques Rwandais s’installent et sont malheureusement exonérés.
« Pour éviter la surtaxassions de nos activités, nous sommes obligés de chercher des opérateurs économiques Rwandais à qui nous confions la responsabilité, et malheureusement ils nous gèrent comme ils veulent », s’indignent Mushagalusa Ombeni, un commerçant de la ville de Bukavu.À cela s’ajoute une réalité encore plus préoccupante : malgré la continuité de certains engagements de l’État Congolais basé à Kinshasa, notamment le paiement de certains fonctionnaires comme les enseignants, les infirmiers et les médecins, malheureusement ce salaire est surtaxé par les rebelles. ce qui ne permet pas de maintenir un minimum de stabilité sociale. Ainsi, loin de l’image d’un mouvement “libérateur”, la réalité qui se dessine est celle d’une administration parallèle qui accentue la souffrance des populations. La multiplication des taxes, l’effondrement du système économique, et même l’incapacité d’accéder aux salaires de l’État montrent clairement que cette rébellion n’apporte pas de solution, mais aggrave la crise. Pour de nombreux habitants, le constat est sans appel : ce qui était présenté comme une promesse de changement s’est transformé en un fardeau quotidien, où survivre est devenu le principal combat. Jean claude Kihama
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À propos de l'auteur
JicholaKivu
Journaliste à Jicho la Kivu
