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RDC : sous contrôle du M23-AFC, l’eau et l’électricité au cœur d’une pression croissante sur les civils
JJicholaKivu9 avril 20262 min de lecture0 vues
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la situation des populations vivant dans les zones contrôlées par la coalition rebelle M23-AFC, appuyée par le Rwanda suscite de vives inquiétudes. D
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la situation des populations vivant dans les zones contrôlées par la coalition rebelle M23-AFC, appuyée par le Rwanda suscite de vives inquiétudes. Des documents administratifs et des témoignages parvenus à Jicho la Kivu décrivent une pression croissante exercée sur les services essentiels, notamment l’eau et l’électricité.
Selon une note interne datée du 25 mars 2026 (Réf. No0137/SP-EX/AFC-M23/2026), signée par Benjamin Mbonimpa, l'un des responsables de la rébellion, les entités opérant dans les zones sous contrôle rebelle, dont la Société nationale d’électricité (SNEL) et la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), sont contraintes de reverser jusqu’à 50 % de leurs recettes à une structure centralisée présentée comme un « guichet unique ».
Cette ponction, affecte directement la capacité opérationnelle de ces entreprises publiques. Dans plusieurs agglomérations comme Goma et Bukavu, des sources locales évoquent déjà des difficultés d’approvisionnement en intrants nécessaires au traitement de l’eau potable.
Des acteurs du secteur de la santé alertent sur les risques accrus de maladies hydriques, notamment le choléra, en cas de dégradation prolongée de la qualité de l’eau distribuée.
Dans le secteur énergétique, des techniciens évoquent des interruptions de maintenance et un manque de moyens pour assurer le fonctionnement normal des installations. Une telle situation pourrait entraîner des coupures prolongées d’électricité, avec des conséquences directes sur les structures hospitalières, les activités économiques et les conditions de vie des habitants.
Au-delà des entreprises publiques, plusieurs sources locales décrivent un système de prélèvements imposés à divers niveaux. Des agents affirment que leurs revenus sont également affectés.
Des analystes indépendants affirment que ces mécanismes génèrent plusieurs millions de dollars mensuels pour la rébellion, dans un contexte où la population locale fait déjà face à une précarité accrue liée au conflit.
Certains agents ayant continué à travailler dans les services publics notamment de la REGIDESO et la SNEL sous administration rebelle indiquent par ailleurs rencontrer des difficultés à percevoir leurs rémunérations alors qu’ils subissent la pression de la coalition rebelle pour honorer leur facture de l’eau et de l’électricité.
La coalition de la société civile Pamoja kwa Amani a, dans une alerte datée du 7 avril 2026, dénoncé ce qu’elle qualifie de « ponction systématique » des ressources publiques dans les zones concernées. Elle appelle les partenaires internationaux à se saisir de la situation, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’énergie et à condamner et sanctionner les auteurs.
Mwenebunga Jadot, Journaliste d’investigation
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À propos de l'auteur
JicholaKivu
Journaliste à Jicho la Kivu
